Instauration d’un droit à l'aide à mourir

Le 15 juillet dernier, après 4 ans de débats, 8 lectures et 9 votes, le Parlement a adopté définitivement la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir.
C'est l'un des débats les plus difficiles que nous ayons eu à mener. Parler de la fin de vie, c'est parler de nos peurs, de nos proches, de ce qu'on souhaiterait pour eux et pour nous-mêmes.
Ces derniers mois, j'ai reçu des lettres bouleversantes, échangé avec des soignants épuisés mais engagés, des familles qui ont accompagné un proche jusqu'au bout, des personnes malades elles-mêmes. Chacun de ces échanges m'a marquée, et je remercie sincèrement celles et ceux qui ont pris le temps de me confier leur histoire ou leur conviction.
Ma priorité reste l'accès réel aux soins palliatifs pour tous et partout, quel que soit le lieu de résidence. Personne ne devrait souffrir seul, faute de moyens. La loi adoptée à l'unanimité sur ce sujet doit désormais se traduire concrètement : c'est un combat que je continue de porter.
J'ai aussi voté en faveur du texte sur l'aide à mourir. Pas de gaieté de cœur, mais par respect pour celles et ceux qui m'ont dit leur épuisement face à une souffrance devenue insupportable, malgré tous les soins possibles.
Ce dispositif reste strictement encadré : il ne concerne que des personnes majeures, atteintes d'une maladie grave et incurable en phase avancée ou terminale, dont la souffrance est constante et ne peut plus être soulagée. C'est le patient qui garde la main jusqu'au bout — il exprime sa volonté, il peut se rétracter à tout moment, et c'est lui qui accomplit le geste.
Je sais que d'autres, tout aussi sincères, sont arrivés à une conclusion différente.
Je respecte profondément cette position. Sur un sujet qui touche à ce qu'il y a de plus intime, il ne peut y avoir ni caricature, ni jugement.
Au-delà de nos divergences, un même désir nous rassemble : que chacun soit accompagné avec humanité et dignité jusqu'au bout de sa vie.